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Insécurité et vulnérabilités

Le Travail en France

Introduction

 

Le travail est un marqueur incontesté de l’expression de soi, paradoxe entre peine et richesse, esclavage et rédemption.

Les régions d’Europe reflètent ce labeur, fruit du courage et de l’effort. Le travail est un trésor et permet à l’homme de s’accomplir. Hannah Arendt distingue « l’homo laborans » qui lutte pour survivre de « l’homo faber » dont l’œuvre survit à son créateur.

Le travail se révèle tantôt comme moyen d’asservissement (I) mais aussi d’épanouissement (II).

 I. Le travail qui asservit

Longtemps considéré comme un déterminisme maudit, le travail a vu son rythme croître depuis 30 ans par un contrôle omniprésent et stressant des salariés. Horaires flexibles, week-ends travaillés contraignent les salariés et leurs familles. Les plus précaires sont confrontés au chômage et pénalisés par l’absence de diplômes et de mobilité.

Taylorisme, fordisme et toyotisme ont rationalisé le travail et massifié les richesses. La main d’œuvre malléable et polyvalente devient fongible, le sens du travail disparaît dans un maelström faisant fi de l’intérêt du travailleur et de ses efforts.

CV et lettres de motivation pour les salariés, « reporting » pour les managers sont désormais les nouveaux sésames de l’entreprise. Malgré les techniques de développement personnel et le coaching, le mal-être des cadres, noyés sous un flux incessant de directives, est patent.

En dehors des activités standardisées, l’implication personnelle se renforce mais envahit la sphère privée. Le découragement gagne de nombreux personnels en insécurité permanente et sacrifiés sur l’autel de la performance.

Ce culte de l’efficacité génère du stress, véritable fléau de santé publique qui porte atteinte à la productivité et à l’économie. C’est un défi posé aux gouvernements, aux employeurs et aux syndicats. Il résulte de la charge de travail, des incertitudes, des modifications organisationnelles et technologiques, des frustrations et des rapports conflictuels. Il frappe indistinctement les pays développés, cause absentéisme et pertes financières abyssales, menace les secteurs, les structures et les salariés les plus fragiles, provoque des maladies allant des troubles musculo-squelettiques à la mort par épuisement ou suicide.

La suractivité, paradigme de la réussite, doit cesser au profit d’une réforme civilisatrice de l’entreprise.

 

Si le travail est source de mal-être, son absence, comme le démontrent les « printemps arabes » est encore plus délétère. En recréant l’unité entre la vie, le travail et le loisir, l’homme retrouve sa liberté.

 

II. le travail qui épanouit

Hors du taylorisme, le travail redevient source d’autonomie. Les congés offrent aussi une certaine distanciation parachevant cet équilibre. Le travail, pour 70 % des Français, mais plus encore pour les cadres et les diplômés, favorise leur créativité. Malgré une législation protectrice, la moyenne horaire hebdomadaire en France reste proche de 40 heures.

Le travail fabrique du lien social et permet à l’adulte d’acquérir son indépendance financière. Il confère un statut et des droits et contribue à une certaine mutation sociétale.

Si plus d’un travailleur sur deux est évalué, les conditions de travail iraient en s’améliorant du fait d’une meilleure coopération entre collègues et des mesures organisationnelles plus efficaces, notamment dans la fonction publique.

La stabilité dans l’emploi revêt une valeur sûre pour les jeunes qui privilégient pour la moitié d’entre eux l’ascension professionnelle. Le travail contribue à édifier, civiliser en œuvrant pour le bien commun. Creuset de l’avenir, il prend tout son sens politique.

Mais tout cela dépend encore de l’organisation de l’entreprise et de ses modes de communication interne et externe.

 

Conclusion

Le travail est miné par le stress auquel les entreprises doivent remédier par un management plus humain. Travail et chômage conditionnent les relations sociales, familiales et rythment le quotidien. Mohammed BOUAZIZI, en Tunisie, a sacrifié sa vie pour revendiquer ce droit au travail. Le développement durable peut dès lors offrir une solution pertinente.

En séparant lieux de travail et de vie, on a aussi contribué à fabriquer des univers juxtaposés où l’ennui s’est insinué au travers d’un urbanisme franchisé. 

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