Introduction
Qu’il s’agisse de xAi avec Grok, de Google et ses modules ou d’OpenAI avec ChatGPT, la course à l’intelligence artificielle (IA) est engagée.
L’IA représente un véritable enjeu économique, stratégique et règlementaire. Les grandes puissances y voient un signe de souveraineté malgré deux approches différentes : celle, décomplexée, des Chinois et des Américains, favorisant l’innovation à la règlementation ; celle européenne, qui promeut une IA légale, éthique et robuste respectant les droits fondamentaux et s’imposant aux 27 Etats-membres comme aux organisations étrangères œuvrant en Europe. Les investissements massifs se poursuivent malgré le risque de bulle financière autour de l’IA.
L’IA révolutionne nos modes de vie et de travail (I) et nécessite un encadrement juridique et technique dans tous ses domaines d’application (II).
I. UNE REVOLUTION INCONTOURNABLE POUR NOS MODES DE VIE ET DE TRAVAIL
L’intelligence artificielle révolutionne les pratiques professionnelles et la sphère privée.
L’IA va révolutionner le monde du travail selon le principe de la « destruction créatrice » mais pas forcément au détriment du marché du travail. Si 92 millions d’emplois sont appelés à disparaître, 170 millions devraient être créés d’ici 2030 pour les développeurs, les analystes ou les éthiciens. L’IA devrait permettre des gains de productivité significatifs et limiter les tâches fastidieuses. Elle va dynamiser la banque, la santé, les transports, la cybersécurité ou encore l’industrie. Elle s’améliore continuellement jusqu’au point de rupture technologique laissant le soin à l’humain de superviser les machines et faire ce dont elles sont incapables.
La vague de l’IA est inéluctable et emporte la France au travers de son projet Mistral AI. Quatre Français sur dix utilisent l’IA quotidiennement. Dans l’enseignement, on se rapproche de l’idéal d’un professeur pour chaque élève. Si ce dernier doit bâtir son esprit « en se soumettant à l’effort d’un travail solitaire », il serait dommageable de le priver d’un outil disposant de performances supérieures aux siennes du primaire à l’enseignement supérieur. L’Ecole Polytechnique l’a bien compris et capitalise sur ce créneau en dispensant des centaines d’heures de cours à ses ingénieurs. De nombreuses formations existent dans ce domaine, y compris en ligne et gratuites.
Tous les bouleversements entraînés par un usage systématique de l’IA nécessitent un encadrement rigoureux.
II. UNE REVOLUTION A ENCADRER DANS TOUS LES DOMAINES D’APPLICATION
L’intelligence artificielle présente des risques qui doivent être encadrés.
L’IA a besoin de beaucoup d’énergie pour fonctionner ce qui n’est pas sans conséquences matérielles et environnementales. Le recours systématique à l’IA pose aussi la question de la sécurité des données : on peut légitimement évoquer les droits d’auteurs, les risques de désinformation voire de diffamation. Certaines IA de prise de notes confondent dans une réunion ce qui relève du professionnel et de la conversation privée. La taxinomie de ces risques est établie selon quatre degrés d’acceptabilité croissants : inacceptable, élevé, limité, minimal ou nul avec pour chacun une mesure de protection adaptée. Ces contraintes n’empêchent pas des groupes comme Google, OpenAI ou xAI de se livrer une concurrence effrénée.
Il importe pour limiter ces risques que chaque utilisateur sache en permanence lorsqu’il interagit avec l’IA. L’Europe se donne l’objectif, depuis l’été 2024 où est entré en vigueur l’AI Act, d’être la championne de l’IA éthique. Les entreprises évoluant dans ce domaine auront à soumettre leurs produits à un bac à sable règlementaire qui en vérifiera les qualités ou les déficiences. Certaines pratiques inacceptables seront prohibées. Les risques élevés seront soumis à un encadrement étroit et permanent (biométrie, par exemple). Seule la recherche pourra échapper à cette règlementation drastique.
Conclusion
L’intelligence artificielle constitue une révolution industrielle sans précédent. Elle s’applique à tous les aspects de la vie professionnelle et privée et devient incontournable à l’échelle de la planète. L’Europe reste encore timide face à ses concurrents chinois et américains. En affichant une intelligence artificielle éthique, elle espère constituer une alternative modélisable.
Les performances et les développements prochains de l’IA ne seront pas sans poser de problèmes de nature technique ou environnementale.
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