Drogues en Europe, nouvelles tendances, nouvelles menaces.

Introduction

« Piège diabolique », « tsunami blanc », ces superlatifs illustrent la dangerosité des drogues circulant en Europe.

Les distinctions entre drogues « dures » et « douces », « licites » et « illicites » sont dépassées face à la variété et la disponibilité des produits. Qu’il s’agisse de l’alcool, des drogues traditionnelles ou de synthèse, c’est l’usage et le contexte qui déterminent leur dangerosité. L’injection par seringue, les poly consommations ou les nitazènes constituent des risques supplémentaires d’infections graves ou de surdoses mortelles.

Les nouvelles tendances et menaces tiennent à la diversité et la variété des produits (I). Le risque concerne les toxicomanes mais aussi la société entière et nécessite une réaction salutaire (II).

I. DE NOUVELLES TENDANCES ET MENACES TENANT A LA VARIETE ET LA DISPONIBILITE DES PRODUITS

L’agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA) recense ces tendances et menaces.

La dangerosité de l’alcool demeure. Consommé parfois avec des stupéfiants, il n’est pas traité à la hauteur des coûts sanitaires et sociaux et cause trois millions de décès chaque année dans le monde. Les saisies de cannabis, de cocaïne, de kétamine, ou de crack et leurs dérivés s’envolent. Les nitazènes, ces opioïdes de synthèse 50 à 250 fois plus puissants que l’héroïne, feront bientôt en Europe les mêmes ravages que le fentanyl aux Etats-Unis, causant déjà des centaines de morts. Faciles à se procurer, ces molécules sont souvent utilisées dans des cas de poly consommation avec le risque de surdose mortelle.

La criminalité organisée est étroitement liée au trafic de drogue. Certains gangs français communiquent même avec les cartels sud-américains. Traiter un consommateur problématique reste complexe sans l’existence de traitements pharmacologiques. La variété des produits rend difficile la connaissance des risques encourus au regard du peu d’études existantes. On sait néanmoins que les drogues par injection favorisent la transmission du VIH et de l’hépatite C. Les drogues de synthèse infèrent des comportements tels que le « chemsex » qui englobe les pratiques sexuelles réalisées sous psychotropes.

Ces nouvelles tendances et menaces affectent les consommateurs mais aussi la société et les institutions européennes.

II. CES NOUVELLES TENDANCES ET MENACES AFFECTENT LA COHESION SOCIALE ET NECESSITENT DES REACTIONS IDOINES

Favorisant les cartels au préjudice des pouvoirs publics, elles menacent la cohésion sociale et doivent inciter à réagir.

L’EUDA aide les Etats-membres à saisir le problème à bras le corps. La multiplicité des législations complique la stratégie commune qui doit évoluer vers une plus grande information et prévention comme pour l’alcool mais insuffisamment pour les stupéfiants et les comportements à risques (chemsex). Certains cartels européens sont aptes à diffuser les nitazènes en masse et peuvent entraîner une crise sanitaire majeure. Ils proposent des aides aux habitants et investissent les quartiers, se substituant aux autorités légitimes, comme la DZ mafia à Marseille. C’est pourquoi le garde des sceaux veut enfermer les 200 plus grands trafiquants dans des prisons hermétiques.

L’Europe subit les dommages collatéraux de ce trafic : meurtres, violences, intimidations, troubles, viols, attentats à la pudeur, rejets de déchets toxiques. Il devient urgent de surveiller étroitement les plateformes numériques, le darknet et les réseaux sociaux avec en ligne de mire la protection des adolescents. La lutte contre les opioïdes de synthèse passe par la saisie des précurseurs. Les programmes d’échanges de seringues comme l’usage de la naloxone contre l’effet des opioïdes demeurent insuffisants. L’EUDA forme des professionnels aux nouvelles pratiques estimant que l’échelon local reste pertinent en matière de prévention.

Conclusion

Le marché des drogues en Europe est résilient. Il pose des problèmes de santé, de sécurité et génère des déviances. Le contexte politique différent d’un pays à l’autre fait échec à une réponse univoque alors que sociétés et institutions sont directement menacées par des cartels sans limites.

La lutte contre la criminalité organisée devient prioritaire, et pour cela, il convient d’améliorer l’interopérabilité des services européens œuvrant dans la lutte contre les stupéfiants.

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